Hugues Galambrun : "On veut un centre du rugby au sud de Montpellier"
Dans les années 70-80, il y avait IBM Montpellier, une locomotive de plus de 3 000 employés (à peine 200 aujourd’hui !). Désormais, il y a Septeo, un géant évalué à 3,5 milliards d’euros, plus de 500 millions de chiffre d’affaires, 3 900 salariés, dont 1 200 à Lattes. Sa spécialité : les logiciels pour les notaires, les avocats, les acteurs de l’immobilier ou encore de la formation. Son cofondateur, Hugues Galambrun, un Cévenol originaire de Villefort en Lozère (600 habitants), a une passion : le rugby. Et il déborde de projets pour ce sport. Rencontre.
La Gazette - En 2023, vous avez repris le club de rugby historique de Palavas, fondé en 1964, pour le professionnaliser et créer le Rugby Club Méditerranée (RCM), un nouveau club qui évolue actuellement en Fédérale 2, l’équivalent de la quatrième division. Par ailleurs, vous êtes à la tête de Septeo, la deuxième Legal Tech* au monde et la première d’Europe. Pourquoi un tel défi supplémentaire ?
Hugues Galambrun - C’était un club qui avait de grosses difficultés financières. Un ami est venu me voir pour me présenter le projet et je me suis lancé. Chez Septeo, on cherche à donner du sens. Reprendre un club de rugby, c’est une façon d’impliquer tout le monde autour du sport et du bénévolat. Chacun peut s’investir à tous les étages du club. On veut que nos collaborateurs soient fiers d’aider à faire grandir le RCM en devenant bénévoles. Sur le plan sportif, on a créé un partenariat avec le Montpellier Hérault Rugby (MHR). On récupère les espoirs qui ne sont pas gardés par l’équipe première. En trois ans, on est déjà aux portes du rugby professionnel. Nous sommes deuxièmes de notre poule et on veut monter en Fédérale 1.
Vous voyez donc le RCM comme une sorte de petit frère du MHR ?
Absolument. Montpellier était un peu une anomalie jusque-là. Tous les grands clubs de Top 14 ont un club partenaire ou une division inférieure. On a aussi voulu créer un club qui forme les jeunes et qui agrège quatre ou cinq clubs voisins, comme Saint-Jean-de-Védas, Frontignan, Villeneuve-lès-Maguelone. On vise près de 200 licenciés dès l'âge de 6 ans. C’est une grande école de rugby.
Depuis votre reprise du club en 2023, combien avez-vous investi ?Sur trois ans, on a mis un million d’euros. Moitié-moitié entre l'entreprise Septeo et moi à titre personnel. Ça a notamment permis d’embaucher un staff de bon niveau et des joueurs. Il y a deux managers, quatre coachs, des kinés, une salle de muscu... Les joueurs sont semi-professionnels, ce qui veut dire qu’ils ont tous une activité complémentaire.
Financièrement, quel est le modèle économique d’un tel projet ?Il n’y a pas de modèle économique, à part peut-être le mécénat... Chaque année, il faut remettre la main à la poche pour près de 400 000 €. Je suis prêt à le faire, il le faut.
Personnellement, d’où vous vient cette passion du rugby ?Je suis un amateur éclairé, mais je ne suis pas du tout un joueur. Je suis plutôt judoka. Je me suis intéressé au rugby au travers de mon papa qui adorait regarder les matchs des V Nations quand j'était petit. Ensuite, j'ai un peu joué lorsque j'étais au lycée à Mende. Comme j'était judoka, ils venaient me chercher quand il manquait quelqu'un car ils se disaient que je devais savoir plaquer.
Le club joue dans le stade municipal Louis-Baumes à Palavas. Ces installations sont-elles au niveau de vos ambitions ?Pas tout à fait... Je ne désespère pas que la mairie de Palavas nous accompagne davantage. Le maire est à nos côtés. Il est clair qu'il y a des efforts à faire. Le stade est vétuste, notamment les vestiaires et les douches qui ne fonctionnent une fois sur deux. Le pool house et les buvettes sont à revoir. Une partie du stade est aussi utilisée par le foot. Il faudrait qu’on puisse avoir un complexe rien qu’à nous, que la mairie fasse quelques aménagements et nous dise : “C’est à vous pour vingt ans, organisez-le comme vous voulez.” On ferait alors un vrai complexe de rugby pour le sud de Montpellier.
Vous seriez partant pour y investir vous-même ?
Oui, car c'est pour l'avenir du club. On ferait un beau centre de préparation et on agrandirait les buvettes pour le public et les partenaires. Si on faisait le triple de recette chaque dimanche, le club serait plus pérenne. Le maire, Christian Jeanjean y est favorable, on va discuter.
Pour vous épauler, vous avez fait appel à François Trinh-Duc, ancienne gloire du MHR et de l'équipe de France. Quel est son rôle ?
Il est le vice-président. D'abord, il est recruteur, il à pour mission de parler à des joueurs susceptible de nous rejoindre. Ensuite, il sert d'exemple et partage son expérience du plus haut niveau. Il m'aide à mieux comprendre le quotidien d'un joueur de rugby.
Vous avez embauché certains joueurs chez Septeo, en parallèle de leur carrières sportives. Le club et l'entreprise sont très liés? Vous gérez les deux comme une seule entité ?
Ce n'est pas la même chose, mais l'entreprise permet d'apporter un peu de rigueur dans le club. par exemple, l'un de mes directeurs est devenu trésorier du club. Le budget, l'organigramme, l'école de rugby ... on a tout restructuré. Ca commence à peine à porter ses fruits. Notre objectif est de monter en Fédérale 1, le cran au-dessus, car c'est le premier palier du rugby professionnel.
Y a-t-il des patrons d'autres clubs qui vous inspirent ?
Oui, je pense à Patrice Canayer, ancien manager du Montpellier Handball. Il à structuré le club en apportant un vrai sens de la gestion. C'est un modèle durable, beaucoup d'entreprises sont derrières.
C'est ça, le style Galambrun ?
Notre modèle est entre celui du MHB et celui du MHR de Mohed Altrad. Comme pour le MHR, ce serait difficile que le RCM survive sans gros mécène, pour l'instant. On construit donc un club business autour du club pour trouver des partenaires qui nous aideront pour la suite. Le groupe Nicollin m'inspire également beaucoup. Dans leur secteur on imagine que c'est difficile de recruter, mais ils ont réussi car ils apportent beaucoup de fierté à leurs collaborateurs grâce à la passion du sport. C'est ce qu'on veut faire.
Par ailleurs, vous dépensez 480 000 € par an pour le naming du stade de rugby de Montpellier, rebaptisé le Sepeto Stadium, et vous êtes aussi sponsor du MHR. Pourquoi un tel investissement financiers ?
Les 480 000 € de naming c'est auprès de la Métropole. Nous sommes aussi un gros partenaires du MHR, mais ils préfèrent ne pas communiquer les montants. Pour nous, c'est un signe d'ancrage local. Septeo est une entreprise plus connu à Parie qu'à Montpellier. Pourtant, notre berceau est ici et ça compte. On à grandi à Montpellier. Je suis très attaché à mon territoire. Je viens des Cévennes, c'est ma terre de coeur. Montpellier est la métropole qui possède la plus grande culture cévenole. Septeo, c'est 3 900 salariés, dont un quart au siège social de Montpellier. Au total, près de 10 000 personnes travaillent autour de Septeo. On à un rôle social et sociétal à jouer.
Propos recueillis par Jean-Baptiste Decroix
*Une Légal Tech est une entreprise qui développe des logiciels pour les professionnels du droit.
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